Les Albums les plus influents des années 70

Du Folk au glam rock

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Courtesy of Joni Mitchell’s official facebook page

Les années 1970 ont été une décennie déterminante pour la musique moderne. Les genres qui étaient auparavant relégués aux périphéries du courant dominant, comme le rock et le R&B, sont passés au premier plan. La notion populaire du chanteur-compositeur est née. La musique a eu un effet culturel plus large que jamais, et les voix qui avaient été ignorées auparavant ont été mises en lumière. Alors que la décennie qui a popularisé les jeans à pattes d’eph et le tie-dye a préparé le terrain pour la plupart de ce qu’on entend à la radio aujourd’hui, elle nous a également donné une pléthore de disques qui continuent à tenir leur rang presque 50 ans après.

  • 1.) Blue de Joni Mitchell (1971)

Lors d’un entretien en 1979 avec Rolling Stone Magazine, Mitchell a dit qu’elle « se sentait comme un emballage en cellophane sur un paquet de cigarettes » alors qu’elle écrivait l’album qui a marqué sa carrière, Blue. La chanteuse avait déjà connu un succès critique et commercial avec son album de 70, Ladies of the Canyon, un ensemble étendu de chansons indie folk qui rendaient hommage à Laurel Canyon et d’autres sceaux culturels de la décennie. Blue l’a vue atteindre des sommets plus hauts, ambitieux, et émotionnels. Il a cimenté l’image d’une chanteuse-compositeur femme aux yeux du public et il a fourni une base solide pour presque chaque album de rupture pour les cinquante prochaines années. Dans « Little Green », un message douloureusement honnête à la fille qu’elle a laissé à l’adoption, Mitchell chante au-dessus des pincements de guitare, « Il y aura des glaçons et des vêtements d’anniversaire et parfois il y aura du chagrin. » C’est cette capacité constante à choisir les détails précis pour transmettre des émotions compliquées sans jamais sacrifier l’aspect relationnel qui fait d’elle une lyriciste exceptionnelle. Écouter Blue est autant une exploration de l’esprit de Mitchell en 1971 qu’elle l’est dans le vôtre.

  • 2.) What’s Going On de Marvin Gaye (1971)

Il est rare qu’un album saisit parfaitement chaque nuance, chaque moindre sentiment d’une période donnée, mais What’s Going On fait exactement cela. La chanson titre à elle seule est probablement une des chansons les plus percutantes de tous les temps, de son côté social et sonore. Pourtant, le reste de l’album de 35 minutes est un cours magistral sur comment rendre la politique personnelle mais sans jamais se risquer au mélodrame. Sur un morceau funky, rapide « Right On », Gaye appelle à l’unité à travers les divisions de classes et de races grâce à une mélodie entraînante. Le morceau final—une ballade lente et mijotante—laisse les auditeurs avec la ligne « qui sont-ils de nous juger ? / simplement parce qu’on porte les cheveux longs. » Le génie de l’écriture de Gaye réside dans sa simplicité intransigeante. Ces chansons sont faites pour être comprises et ressenties aussi profondément en 2022 qu’elles l’étaient en 1971.

  • 3.) Rumours de Fleetwood Mac (1977)

La création du chef-d’œuvre de Fleetwood Mac, Rumours, a été un événement très improbable. L’album s’est fait enregistré sur huit mois en 1976, lors d’une période qui s’est avérée être personnellement tumultueuse pour chaque membre du groupe. Elle a immédiatement suivi le divorce de Christine et John McVie, mais a aussi coïncidé avec l’apogée de la relation chaotique de Stevie Nicks et Lindsey Buckingham. Le procédé inhabituel de l’enregistrement du groupe s’agissait des sessions tard dans la nuit, alimentées par la drogue, hors de laquelle les membres ne se parlaient à peine. À partir d’un terrain vague de l’excès et de la toxicité, un des disques pop les plus influents de tous les temps est apparu. Contre toute attente, Rumours semble bénéficier de ses origines tendues. Tout au long du refrain de « The Chain », lors de l’appel-réponse entre Nicks et Buckingham, la désintégration du groupe est presque palpable. Chaque morceau est une prise superposée, lyriquement et soniquement nuancée, sur ce qui deviendra bientôt le classique soft rock des années 70.

  • 4.) Songs in the Key of Life de Stevie Wonder (1976)

Bien qu’il ait déjà connu un immense succès avant le milieu des années 70, Songs in the Key of Life est un album qui l’a cimenté comme une force musicale à ne pas négliger. Enregistré quand Wonder avait 26 ans, le disque saisit apparemment chaque facette de la vie : à partir de la parentalité, à la religion, à l’injustice, et à tout ce qui se retrouve entre ces périodes. D’une durée de presque deux heures, c’est un miracle qu’un tel album ait une quelconque cohérence. Pourtant Wonder gère la liaison des instrumentations luxuriantes et des mélodies inventives à la perfection. Il y a une sensation d’absence d’effort à ce qui aurait pu être une combinaison déconnectée de jazz, R&B, et pop. On dit qu’il a inspiré Prince, Whitney Houston, et d’innombrables autres artistes, anciens et nouveaux. Songs in the Key of Life est un album qui supplie d’être joué, encore et encore.

  • 5.) The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars de David Bowie (1972)

Peu d’artistes ont influencé l’esthétique de leur genre de musique plus que David Bowie. Bowie n’a pas seulement popularisé l’idée d’un alter ego lié à un album, mais il a aussi créé une figure intemporelle également subversive : Ziggy Stardust. Le « Starman » androgène a brouillé les frontières du sexe et de la sexualité, tout en s’asseyant au centre d’un des albums conceptuels les plus ambitieux de tous les temps. Sur le disque de 1972, Bowie détaille l’histoire du passage de Ziggy sur Terre. Au-delà de cela, l’album explore les thèmes de l’amour, la perte, et la nostalgie pour son pays. Il construit la fondation chatoyante, exagérée du glam rock, tout en maintenant certaines des imperfections granuleuses par lesquelles on reconnaît le rock des années 70. Il n’y a pas un seul morceau superflu sur le disque—l’écouter du début à la fin est une expérience d’un autre monde en soi.

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