Des Étudiants et des membres de la communauté protestent contre la société Raytheon Technologies devant le forum de l’emploi de l’ingénierie au Marcus Hall.

“L’éducation et gagner de l’argent sont deux choses différentes” 

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Caitlin Reardon/Daily Collegian

Un petit groupe d’organisateurs communautaires se sont rassemblés devant le Marcus Hall pour protester contre la présence de la société Raytheon Technologies et des autres entreprises travaillant dans la défense au forum de l’emploi de l’ingénierie qui s’est tenu le 21 septembre.  

Le forum de l’emploi, qui s’adresse à tous les étudiants en ingénierie à l’Université du Massachusetts Amherst, accueille plus de 70 entreprises au cours des quatre jours de l’événement, parmi lesquelles des compagnies telles que Raytheon Technologies, Infineon, General Dynamics, et Sensata Technologies.   

UMass et Raytheon Technologies se sont déjà associés par le passé pour mener des recherches par l’intermédiaire de l’université, l’entreprise de défense finançant principalement ces recherches. Raytheon a également collaboré avec UMass Lowell pour créer le Raytheon UMass Lowell Research Institute.  

Joyce Caliendo, ancienne étudiante diplômée de UMass et organisatrice principale de la manifestation, se tenait debout sur les marches en béton devant Marcus Hall, et menait les chants à travers un mégaphone. Caliendo a exprimé sa désapprobation quant à la relation entre UMass et Raytheon Technologies.  

Caliendo fait partie du Groupe d’Étudiants Marxistes Révolutionnaires de UMass, un groupe national qui vise à étudier et à clarifier des différentes questions politiques internationales. Caliendo a fait ses études à l’Université du Connecticut, où elle étudiait l’astronomie. Elle est venue à penser que la manière dont elle apprenait comment son sujet de recherche s’appliquerait de manière tangible à la société dans son ensemble n’était pas adéquate.

“Ils veulent que les étudiants ne pensent pas à la société dans son ensemble,” a remarqué Caliendo, faisant référence au travail fait pour les grandes entreprises de la défense. “Ils ne veulent pas que nous pensions à la politique derrière ce que nous faisons dans les domaines scientifiques,” 

“Ils ont besoin de nous. Ils ont besoin de notre travail intellectuel. En tant qu’étudiants, nous avons cet effet de levier,” dit-elle à un passant à travers le mégaphone.  

Maheen Hussain, un membre du Groupe d’Étudiants Marxistes Révolutionnaires et étudiant en quatrième année d’informatique, a expliqué à la foule que UMass perpétue un système dans lequel les étudiants travaillent pour les grandes corporations ; générant des richesses pour une petite partie de la population, aux dépens des autres.  

“La relation entre UMass et Raytheon ne fait pas figure d’exception dans ce pays,” a suggéré Hussain. Il a noté que Tufts, le MIT, et Harvard accueillent tous des entreprises telles que Raytheon, General Dynamics, et Lockheed Martin pour la recherche et les foires de l’emploi.   

“Ils voient le talent que UMass offre, ils voient le programme d’ingénierie, et vous savez, c’est vraiment un terrain fertile pour que les gens soient attirés vers cette voie,” dit Hussain.  

Des entreprises comme Raytheon Technologies s’associent aux universités dans le but de faire de la recherche, d’avoir des financements, et de recruter des potentiels diplômés. Les manifestants reprochaient la relation entre ces entreprises et les universités publiques, puisque les sociétés de défense travaillent également à développer des armes.  

Nick Mottern, un vétéran de Northampton de 83 ans, a servi dans la marine au Vietnam pendant les années 1960 à 1963. Quand il est rentré aux États-Unis, il s’est rendu compte qu’il s’était trompé en croyant que la démocratie était une cause digne pour faire la guerre.  

Mottern est maintenant membre des Vétérans pour la Paix, une organisation composée d’anciens combattants qui s’élèvent contre le militarisme. 

“Quand j’étais au Vietnam, j’ai vu que les dirigeants du pays étaient très corrompus,” dit Mottern. “J’étais très ignorant.” 

“[Les entreprises de défense] offrent beaucoup d’argent et ils offrent des avancées technologiques. Et ils savent qu’un grand nombre, un très grand nombre d’étudiants sont très endettés,” 

En faisant travailler les étudiants pour les entrepreneurs dans la défense, “c’est comme s’ils étaient recrutés dans l’armée mais ce n’est pas officiel” dit-il.  

Mottern a déclaré que UMass elle-même est également coupable de s’associer avec les géants de l’industrie de la défense.  

“L’Université a la responsabilité d’éviter de faire participer ses étudiants à des activités contraire à l’éthique, en profitant du sang,” a-t-il déclaré.  

Terisa Turner, résidente de Montague et membre de Code Pink, a enseigné à UMass et à l’Université de Smith. Code Pink est une organisation qui vise à mettre fin au militarisme.  

“Je suis très heureuse de voir que les gens manifestent ici contre Raytheon et tous les autres entrepreneurs militaires qui reçoivent tant d’argent de nos impôts en ce moment,” a déclaré Turner. “[Ce même argent des impôts] qui est tellement nécessaire dans le laps de temps dont nous disposons pour faire face à la catastrophe écologique, notamment avec l’extinction des espèces et la crise climatique.” 

Elle a aussi noté comment les entreprises privées telles que Raytheon Technologies et Lockheed Martin profitent financièrement du fait que des étudiants travaillent sous leurs ordres dans un cadre éducatif et professionnel. La pancarte de Turner disait, “Raytheon – arrêtez de cibler les étudiants endettés.” 

“Ils disent à l’étudiant ‘nous te paierons d’avantage et l’étudiant est censé oublier la violence que cela implique, ainsi que les efforts déployés pour couvrir cette violence et la nier d’une manière qui ruinera sa vie,” a prévenu Turner. “Nous ne voulons pas permettre à ces marchands de mort, ces gens qui profitent de mort, d’êtres sur un campus publique.”  

“L’éducation et gagner de l’argent sont deux choses différentes.”  

 Le forum de l’emploi du Département d’Ingénierie n’a pas souhaité faire des commentaires sur la manifestation.  

Caitlin Reardon can be reached at [email protected]

Constance Sourisse can be reached at [email protected]

Natalie Koopman is a translater of French and can be reached at [email protected]