Lettre : Le prix du contrat de droit d’approvisionnement de UMass avec Coca-Cola

L’université devait considérer l’impact environnemental de l’entreprise et les violations des droits de l’homme avant de renouveler son contrat.

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Nina Walat/ Daily Collegian (2020)

By EJ Everett, Iman Fenina, and Constance Sourisse

En tant qu’étudiant.e, j’entends constamment parler de toutes les options qu’on a sur campus, j’ai donc été surpris.e d’apprendre qu’il existe des restrictions majeures sur les boissons auxquelles les étudiants à l’Université du Massachusetts ont accès. De plus, la plupart des gens ne le savent même pas.

Chaque cantine ou distributeur automatique sur le campus offre un éventail de choix similaire. Il y a Dasani, Coca-Cola, Powerade, Minute Maid et Honest Tea. Il semblerait qu’il y ait des options pour tout le monde, mais quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’ils appartiennent tous à la même marque. Ils appartiennent tous à l’entreprise Coca-Cola. 

Il y a une raison à cela, et cela s’appelle un contrat de droit d’approvisionnement. Des facultés à travers le pays renouvellent périodiquement ces accords, échangeant l’espace sur les étalages, faisant de la publicité pour ces marques et recevant en échange des bourses de plusieurs millions de dollars. À UMass, c’est Coca, et 80 pour cent de l’espace sur les étalages sont consacrés aux produits de cette marque. 

Le contrat de droit d’approvisionnement entre UMass et Coca-Cola limite le choix des étudiants, nuit aux commerces locaux et rend la communauté complice des méfaits de Coca à travers le monde. L’Université pourrait diriger le pays vers des systèmes alimentaires éthiques en ne renouvelant pas ce contrat. Il mériterait alors vraiment son titre de meilleure restaurant universitaire du pays.

Avoir le contrat de garanti de UMass est avantageux pour Coca, mais c’est mauvais pour les  producteurs de boissons de la région d’Amherst. L’entreprise profite d’une audience prisonnière, puisque les étudiants passent un temps fou sur le campus.  

Au-delà de l’espace, ils ont accès à notre temps. Au cours de cette période cruciale de notre vie, alors que nous entrons dans l’âge adulte, nous sommes exposés à une  gamme de marques très restreinte. C’est un moyen vital pour les grandes entreprises d’obtenir des clients à vie. De plus, ces produits sont loin d’être bons pour la santé. Il est plus difficile de faire de bons choix lorsqu’on est privé d’options. 

Pourquoi cela importe-t-il pour vous ? Vous aimez le Coca de toute manière, ou peut-être ne buvez-vous que de l’eau provenant de votre gourde. Eh bien, l’entreprise Coca-Cola est impliquée dans de nombreuses violations des droits de l’homme. Étant nommé l’un des plus grands pollueurs de plastique et exploitant du travail forcé, Coca n’est pas une entreprise qui représente nos valeurs. Ou du moins elle ne devrait pas l’être. 

En 2001, l’entreprise a échoué à réagir rapidement après qu’un groupe paramilitaire colombien ait exécuté trois organisateurs syndicaux devant leurs employés. Au Guatemala, il y a eu une série d’attaques contre les travailleurs de coca qui ont tenté de se syndiquer. Ils ont été frappés, ont vu des membres de leur famille mourir, ou ont eux-mêmes été tués. 

Malgré le fait que certains de ces incidents soient survenus à l’intérieur des usines de Coca-Cola, l’entreprise s’est protégée des accusations en expliquant qu’elle utilisait des filiales.  En 2020, le New York Post a rapporté que Coca-Cola faisait du lobbying contre un projet de loi qui lutterait contre le travail forcé. 

En Inde, une usine de mise en bouteille a été obligée de fermer en 2014 car elle provoquait des sécheresses en épuisant les nappes phréatiques. Les déchets de l’usine dépassaient les limites légales pour le cadmium, le plomb et d’autres produits chimiques toxiques. Comme si ces impacts mondiaux n’étaient pas suffisamment graves, la pollution se produit dans nos propres jardins. L’année dernière, une usine de Coca-Cola de Northampton a déversé des déchets dans la rivière Connecticut pendant au moins trois semaines. 

En résumé, ces pratiques d’abus des travailleurs et de l’environnement sont tout sauf durables et éthiques. 

Alors, que peut-on faire à ce sujet ? Le contrat des droits d’approvisionnement de l’UMass a prévu un renouvellement en 2023, avant son expiration en 2024. Le Centre de Politique et de Promotion de l’Éducation (Center for Education Policy and Advocacy)  pousse le groupe de travail d’administration des droits de l’approvisionnement à établir des directives d’éthique et de durabilité plus strictes pour les fournisseurs de boissons. Cela permettra aux producteurs de boissons locaux d’avoir une chance plus équitable. 

Nous avons déjà vu des résultats concluants. Cela fait partie d’une campagne nationale plus large, comme lorsque des étudiants de L’Université d’État de San Francisco ont protesté contre un contrat de droits d’approvisionnement en 2015. Ils ont atteint leur objectif et l’Université n’a pas signé le contrat. L’Université du Vermont et l’Université d’État de Humboldt ont toutes les deux décidé de ne pas renouveler le contrat à sa péremption après que les étudiants aient protesté contre leurs contrats d’approvisionnement. 

Si vous souhaitez vous impliquer, les bureaux du CEPA se trouvent dans la salle 309 du Student Union. Cet automne, les réunions de ‘Food Justice’ ont lieu les mercredis à 19h et les réunions générales ont lieu les lundis à 18h. Les demandes de renseignements peuvent être envoyées à [email protected].

E.J. Everett is a member of the Center for Education Policy and Advocacy at UMass Amherst. They are a sophomore studying Sustainable Food and Farming. They can be reached at [email protected].

Iman Fenina is a translater of French and can be reached at [email protected].

Constance Sourisse can be reached at [email protected].