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Condamner les actes de haine : remède ou poison ?

Étouffer l'affaire n'est pas la solution

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Condamner les actes de haine : remède ou poison ?

Caroline O'Connor/Collegian

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By Maxwell Zeff, Meg Beauregard, and Florent Charrier

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Au cours du premier semestre de l’année universitaire 2018-2019, 19 incidents à caractère haineux ont été signalés sur le campus de l’Université du Massachusetts. Il y a eu des croix gammées et des insultes homophobes et transphobes gravées sur la porte d’un étudiant dans la résidence John Quincy Adams. La phrase « Hang Melville N—— » a été écrite sur les miroirs de la salle de bains du dortoir de Melville Hall. Des tracts pour un groupe nationaliste blanc ont aussi été placardés sur le campus.

Le semestre dernier, la communauté de UMass a reçu plusieurs fois par courrier électronique des communiqués du bureau du chancelier condamnant des incidents particulièrement horribles. Ces déclarations contenaient à chaque fois un bref résumé de l’incident, une description de la manière dont l’administration a géré l’événement, des informations sur l’assistance que peuvent recevoir les étudiants concernés et une condamnation claire des incidents. Ces e-mails ont été envoyés directement dans les boîtes de réception de plus de 28 000 étudiants de UMass, un moyen de communication privilégié hors de portée des groupes de presse locaux. Dans une déclaration publiée le 13 novembre 2018 au sujet de la défiguration de la porte d’un étudiant, le chancelier de l’université, M. Subbaswamy, a déclaré: « Trop souvent ce semestre, j’ai partagé avec vous un message de ce type condamnant les actes de haine. Je le fais parce qu’il est important que les personnes qui sont l’objet d’un tel fanatisme sachent qu’elles ne sont pas seules – que chacun d’entre nous qui chérit la riche diversité de notre communauté se tient à leurs côtés et rejette la haine répandue par une poignée d’anonymes lâches. »

Il a toujours été malheureux de recevoir de tels courriels, mais l’Université se devait de les envoyer. L’administration s’attaquait au problème en étant transparente avec ses étudiants. Cependant, le 24 janvier, le bureau du chancelier de UMass a publié un message différent : « À l’avenir, nous nous abstiendrons d’émettre régulièrement des messages de condamnation à l’échelle du campus. De cette façon, en cessant de mettre en avant les actes de haine, nous espérons empêcher les auteurs de ces actes d’obtenir l’attention qu’ils recherchent. » Le courriel a poursuivi en annonçant que l’Université restera transparente grâce à l’enregistrement de tous les incidents sur la plateforme publique « Track Acts of Hate »

Que s’est-il passé ? Pourquoi ces courriels sont-ils passés d’un soutien aux victimes d’intolérance à une amplification des expressions de haine ? Ces courriels ont été envoyés à trois mois d’intervalle. Il semble donc peu probable que l’ambiance du campus ait beaucoup changé au cours de cette période. Mais une chose a bel et bien changé et c’est l’image publique de UMass.

Le semestre dernier, les incidents haineux et les manifestations étudiantes sur le campus ont fait l’objet d’une couverture importante par la presse locale et même nationale. Une histoire embarrassante de cet automne à propos de l’administration de UMass demandant à un étudiant de retirer une pancarte « F — Nazis » de sa fenêtre car elle n’était pas assez inclusive et avait fait de grandes vagues dans les nouvelles nationales. On peut dire sans risque que ce n’était pas la meilleure année pour les relations publiques de l’Université.

Mais malgré toutes ces actualités négatives, le chancelier Subbaswamy a annoncé un avenir prometteur pour UMass dans une interview avec le Boston Globe début Janvier où il révèle son espoir de transformer UMass en une université d’élite ou, selon ses propres termes, un « Cambridge West ». Ce projet semble aller de pair avec la récente ascension de l’université publique UMass au 26ème rang des universités américaines.

Une université en passe de devenir l’une des meilleures du pays ne veut généralement pas entendre parler de nouvelles embarrassantes concernant des crimes motivés par la haine, des protestations d’étudiants et des décisions administratives regrettables. L’administration a-t-elle décidé qu’il soit préférable de garder le silence face aux incidents de haine plutôt que de provoquer l’indignation générale avec des messages de condamnation ? Après tout, les journaux étudiants et les médias locaux ne parviennent pas au corps étudiant aussi facilement qu’un courrier électronique du bureau du chancelier envoyé dans la boîte de réception de chaque personne. La regrettable réalité est que sans l’initiative de l’administration, la prise de conscience générale des étudiants sur les actes de haine commis sur leur propre campus diminuerait. Cela pourrait être une stratégie de contrôle de la part de UMass.

Cependant, Ed Blaguszewski, directeur exécutif des communications stratégiques chez UMass, a dit le contraire. « Il faut trouver un équilibre », a-t-il déclaré. « C’est toujours une question de jugement entre s’assurer que les gens reçoivent un soutien, qu’il y a une prise de conscience, mais sans donner une tribune à des gens qui nuisent à la communauté et nous détournent de nos affaires éducatives. »

Il a poursuivi : « Comme le chancelier l’a indiqué [dans la déclaration du 24 janvier], nous ne voulons pas amplifier la haine si nous pouvons l’éviter.

Blaguszewski a ensuite expliqué que le message du chancelier Subbaswamy ne signifiait pas que les courriels cesseraient complètement, mais qu’ils allaient plutôt essayer de déterminer « quelle est la manière de communiquer la plus efficace en fonction des circonstances ». « Nous avons toujours essayé de fournir un soutien aux victimes. Personne ne travaille à l’Université du Massachusetts sans se soucier des étudiants. Les étudiants sont au cœur de toutes les préoccupations. »

Mais est-ce bien le cas ? David Cort, professeur de sociologie à UMass et expert en stratification sociale, a déclaré : « Il serait sage que l’administration considère la manière dont ses décisions affectent différents groupes de manière disproportionnée. » Le professeur Cort a ensuite expliqué qu’il fallait commencer par un engagement plus sérieux de l’Université pour accroître la diversité et s’attaquer au problème de la haine. « Les colloques et les discussions sur le racisme sont excellents, mais ils ne feront pas changer d’avis ceux qui sont mal intentionnés à l’égard des minorités », a-t-il déclaré. « Ils vont supprimer les emails. Ils ne vont pas aller à ce genre d’événements. Changer la composition du corps étudiant est, certes, coûteux, mais beaucoup plus efficace. »

La nation entière a vu une augmentationde la haine au cours des dernières années, et UMass n’y échappe pas. L’administration doit utiliser de nouvelles stratégies pour lutter contre la haine et faire en sorte que chaque membre de notre communauté se sente accepté. Plus facile à dire qu’à faire, certes. L’Université commettra fatalement des erreurs et cette décision récente de mettre fin aux messages de condamnation en était certainement une. Ces messages peuvent amplifier les expressions de haine, mais plus important encore, ils abordent les actes haineux frontalement et font tenir ses responsabilités à l’école. Tandis que l’université se rapproche des universités d’élite, je demande qu’elle ne le fasse pas au détriment de ses propres vertus. Parler de la haine et du racisme peut être difficile, mais c’est la bonne chose à faire. La transparence n’est pas un état mais un degré, et la transparence de l’administration a été considérablement réduite en remplaçant les notifications à l’échelle de la communauté par un recensement discret sur une sous-section d’un site Web UMass.

Maxwell Zeff peut être contacté à mzeff@umass.edu.

Meg Beauregard est la traductrice pour la version française et peut être contactée à [email protected]

Florent Charrier est l’éditeur de la version française et peut être contacté à [email protected]

 

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